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EDITORIAL de DECEMBRE 2008

Ce matin je me suis levé, je me suis regardé dans la glace et me suis posé la question suivante (ben, oui, comme ça, au saut du lit..) : pourquoi est-ce que tu aimes tant les films d'horreur mon gars (des fois je m'appelle "mon gars"... mais pas tout le temps...) ??? Voici donc quelques éléments de réflexion -à compléter à loisir- afin d'étayer quelques discutions familiales et répondre à la stressante question de Tata Agathe ou Tonton Lucien (?) : mais pourquoi donc est-ce que tu regardes ce genre d'abominations ? Moi à mon époque les films avaient encore une morale et ils... etc, etc, etc. Bon, alors, voilà pourquoi Tata :

- Pour contourner les interdits : dans un premier temps, dans ma lointaine jeunesse et adolescence, regarder des films interdits aux moins de 18 ans était un défi à l'autorité (parentale ? Pas la mienne, mais bon... Légal ? Oui, oui, oui !!!), un défi envers moi-même qui a dû, dans une certaine mesure, me permettre d'en ressortir à chaque fois grandi. Supporter des images que certaines personnes "autorisées" ont décidé et classé arbitrairement comme étant inapropriées à mon âge était aussi excitant qu'une compétition sportive, un challenge qui allait me permettre de me dépasser et de réussir là où une poignée d'adultes à l'enfance oubliée auraient même refusée d'aller, sans comprendre mais tout en jugeant. Ils avaient jaugé une limite, un inaccessible sommet... et j'allais leur en mettre plein la vue !!!

- Pour regarder mes peurs ou leurs représentations fantaisistes en face, sur grand écran. Comme tout drame le fait si bien depuis la nuit des temps à travers les arts du spectacle, le cinéma horrifique permet de se mettre face à face avec une certaine idée de l'horreur, expurger nos peurs et, quelque part, "se soigner". Voir la douleur, le malheur et la mort, le mauvais côté de la vie sur une toile, voir les Autres en prendre plein la gueule et se dire que l'on ne risque rien, absolument rien, se rassurer ; voilà qui fait un immense bien.

- Comme catharsis. Défouloir et fantasme de l'impossible. Dans la réalité la société ne nous permet pas (merci à elle) de tuer ce crétin congénital au QI pas plus élevé que celui d'un beignet à la pomme, qui vient à l'instant de nous faire une queue de poisson alors que l'on vient déjà de passer l'une des pires journées de notre existence, et qui aurait très bien pu briser une magnifique harmonie familiale en prenant la vie à un enfant qui n'a pas encore le bonheur d'en vivre la simple introduction. En ce sens la sanglante vengeance cinématographique issue d'un quelconque film va servir de transfère de haine et faire passer 1 h 30 d'abomination délectable par écran interposé à cette larve qui n'a d'humain que le nom et le vide intersidéral au fond du regard et qui aura simplement décidé de gagner 1 mn 33 de trajet pour s'abrutir devant les abjections télévisuelle de TF1 ou de M6.

- Pour le plaisir ? Plaisir de voir du sang, des boyaux, de la cervelle étalée ça et là, des membres tranchés, des têtes ôtées de leur corps-propriétaire, des yeux énuclés, des corps malmenés, de la peau dépecée lamentablement, de voir les muscles et puis les os, de voir cette vie fuir en courant au fil des empallements, mutilations, décapitation, strangulations, dissections et autres éjaculations sanglantes. Et pourtant j'ai fait le test ("Une femme qui va à l'enterrement de sa mère et qui tombe amoureuse...etc" ; vous connaissez ?) : je ne suis pas un psychopate, docteur, j'vous l'jure !!! Un simple plaisir innocent, sans arrières-pensées... ou peut-être le seul plaisir de voir le corps en tant qu'art, moduler, tranché, manipulé par des génies des effets spéciaux afin de donner "corps" aux délires rougeâtres de quelques scénaristes, avec personnalité (remember Screaming Mad George...) ou un réalisme parfois troublant. Voyeurisme ???

Bref : si vous ne l'avez pas encore lu entre ces lignes, sachez tout simplement que le cinéma horrifique est vivement recommandé par les grandes facultés de médecine mondiale !!! Oh putain que c'est bon !