|
|
|
EDITORIAL de JUILLET 2008 Pour ce 60ième édito (soit le 60ième mois de présence "officielle" sur le web = 5 ans !!!) j'avais envie de vous faire partager un sentiment... cinématographique (tu parles d'une surprise !). Vous avez sans doute remarqué que depuis quelques semaines cine-directors révise ses classiques de l'épouvante et de la science-fiction américaine -ou autre : parce qu'à cine-directors on n'est pas ségrégationniste !- des années 50 et 60 plus particulièrement, étudie la filmographie des plus grands maitres -O combien méconnus du grand public- de Nathan Juran (ou Hertz, selon les oeuvres) à Ed Cahn en passant par les incontournables Roger Corman, Bert I. Gordon ou Freddie Francis ; ou en découvre bien d'autres, comme ce fut le cas pour William Berke ou de William Nigh. Alors, si depuis un mois je mange du monstre et de l'E.T. à tous les repas, non : Davy n'est pas devenu fou... il l'était déjà avant !!!!! Pourquoi cet édito ? Parce que je voulais vous livrer mes sentiments à propos de ses oeuvres dites "mineures" mais que j'adore tant regarder, tel un Tarantino du web, et ce malgré des qualités médiocres et des défauts indéfendables, des scénarios qui se ressemblent tous dans leur linéarité et leur prévisibilité, des acteurs hautement cabotins et bassement inconnus pour la plupart, autant de scream queens aux dialogues goûteux, des effets spéciaux risibles à base d'extraterrestres loufoques, caoutchouteux et globalement vindicatifs, ou d'animaux géants, mutants et généralement en colère, autant de cachetonneurs dans des costumes qui ne font pas que friser le ridicule ; et ne parlons pas de ces propos qui vont à l'encontre des lois les plus élémentaires de la science ou de l'histoire, de happy ends évidentes, de réalisations quasiment toutes anodines, au minimum branquignoles, de décors qui sentent le renfermer jusque dans notre salle à manger, de matte-paintings un peu raides mais qui ont économisées à la prod' un voyage en avion... et pourtant je ne peux n'y m'empêcher de regarder ces petites oeuvres qui sont avant toutes choses terriblement charmantes, ni éviter de les revoir sans honte aucune ! Oui : j'aime la SF de papy ! Surtout qu'au détour d'un titre énigmatique, d'images en noir et blanc, d'un casting anonyme, on peut tomber sur une perle rare... un vrai bon film ! Double sentiment : ce sont d'évidents nanars, mais j'ai toujours un absolu plaisir à y tomber dessus, je ne pourrait en mon âme et conscience de modeste critique cinématographique leur donner une note surestimée, mais je les cherche du regard, les préférant parfois, l'espace d'un soir, à un récent blockbuster, à une oeuvre plus renommée et, peut-être, à l'ennui d'une série A qui cache parfois les mêmes défauts que ces oeuvrettes, mais à coups de millions de dollars... Je voulais seulement vous faire part de ce grand écart entre qualité et envie, entre cinéphilie sérieuse et cinéphagie furieuse, entre intellectualité (ah, ouais, quand même !) et nanarologie gratinée (oh putain !), entre besoin ennuyeux et plaisir coupable. Finallement, serait-il si choquant de mettre une (bonne) note de plaisir à un mauvais film technique et artistique ? Non : tout comme il n'y a rien de honteux à qualifier un film de chef-d'oeuvre malgré son imperfection technique évidente ou à se laisser aller à une bonne évaluation pour de la très belle pelloche avec pas grand chose de réflexion dedans !!! Vive le Cinéma... avec un grand "C" !!! |