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EDITORIAL de MARS 2008

Ca va faire peur... c'est marqué dans le titre ! Tout est-il toujours dans le titre ? Nous sommes samedi soir -pourquoi pas ?- et des spectateurs potentiels débarquent devant leur cinéma favori, des choix s'imposent (pop-corns ou glace ? La blonde ou la brune ?) quant à la réussite de la soirée, en tout les cas des quelques 100 minutes à venir. Sur les affiches qui présentent du mieux possible et vantent (vendent ?) les mérites des nombreuses oeuvres actuellement à l'affiche, les yeux de nos futurs acheteurs de billets tombent nez à nez avec un titre débutant par une inquiétante amorce : "La nuit de...". Mais qu'est-ce que nos mangeurs de bonbons indélicats vont donc aller imaginer ?
La nuit... tous les chats sont gris, les zombies zen s'en vont zigouiller (La nuit des morts-vivants), les loups-garous sans crier gare débouler (La nuit du loup-garou), les chauve-souris chercher quelques tifs souriantes auquels s'accrocher (La nuit des chauve-souris), Halloween déployer ses halos masqués (La nuit des masques), les vampires vengeurs vrombir pour de vrai (La nuit des vampires) et tout un bestiaire des plus brutals se déployer : vers géants sans verve, sangsues sans sida, mutants mutant et quelques extraterrestres pas d'ici, fous-vivants pas nets dans leur tête, pétrifiés pétrifiants ou encore fantômes encagoulés. De quoi passer une douce nuit, sanglante nuit...
Des frissons ? Bien sûr puisque ce sera une nuit de grande chaleur et que celle-ci sera forcément soit mauvaise, soit déchirée, soit de terreur, soit rouge, soit de l'épouvante... soit de la mort (saurez-vous reconnaitre les titres de ces films, amis cinéphilo-fantasticophiles ?) ; carrément ! La nuit est toujours trop longue (30 jours ?), la night est forcément dangereuse, cachée derrière une pelicule (ne dit-on pas Night-mare, en anglais pour parler de cauchemar ? ).

Voilà pourquoi ces fichus spectateurs ont-ils peur du titre ? Oui : la nuit représente la peur universelle, la peur historique de l'homme avant que celui-ci ne découvre... le feu ! La nuit c'est lorsqu'on ferme les yeux, lorsqu'on meurt, la nuit c'est le moment où l'on devient aveugle, faible et en proie à ses ennemis noctambules (monstres ou, tout simplement animaux savages), la nuit c'est ce qui terrifiait les Mayas (lorsque le soleil s'éclipsait dans la journée) et c'est ce qui terrifie les enfants, moment de cauchemars, elle est le domaine des animaux maudits (loups, chauve-souris, chouettes...etc), c'est aussi le moment propice pour débuter une terrible guerre, sans risque d'être vu, c'est un moment de solitude et de silence inquiétant, plein d'histoires ; même l'ombre représente encore une menace, une part d'inconnu qui vient s'immiscer dans notre quotidien pourtant si sécurisé, une part d'incertitude et donc de peur... Et puis, quand à ceux qui se demande ce que sera la fin du monde, les scientifiques ne leur donnent-ils pas comme réponse que la Terre ne sera plus quand le soleil s'éteindra, périra ?
Alors : Peur du noir ??? Non ! Car, finallement, ce pourrait n'être qu'une simple nuit de noces (avec ou sans fantôme ?), voir une nuit fantastique ou une nuit un peu agitée au musée. Et si, finallement, ce n'était qu'une nuit américaine ? Le pire dans tous celà, c'est que ces malheureux spectateurs aurait pu trouver pire... le jour, par exemple... Le jour des morts-vivants, peut-être !
Il ne me reste qu'à vous souhaiter... d'excellentes nuits... cinématographiques.