EDITORIAL de NOVEMBRE 2006
(Voici la suite tant attendue de l'édito du mois
dernier...)
Après avoir sussuré des mots doux aux
titres français, passons à autre chose : d'une part les
cas ambigus, de l'autre les ratages, les bourdes, les erreurs... les
cheveux sur les langues de nos traducteurs !
Les titres moyens : Dans le genre "ambigu",
l'un des films de Woody Allen n'est pas mal du tout... Tout
le monde dit "I love you" est une espèce de
compromis pas tout à fait compromettant qui caresse le français
de base dans le sens du poil tout en conservant le titre original de
la chanson du film, qu'il aurait de toutes façons été
stupide de traduire. On peut y voir une solution pour satisfaire "tout
le monde" ou une certaine frilosité à conserver un
titre en langue anglaise (pourquoi pas I love you,
pas tant usité que ça en France ?) ; faites votre choix.
Dans l'effort de traduction, la saga Star wars est
un cas à part. Je n'évoquerais pas ici les traductions
des noms propres utilisés dans le film (entre débilité
haut de gamme et crétinisme fervent...) mais bien le fameux "La
guerre des étoiles". La trad' -le film était
alors voué à l'échec, rappelons-le- est réussie
mais se mordra la queue à force de ne pas respecter un univers
devenu mythique ; les épisodes 5 et 6 feront fit de la traduction
du titre principal pour ne s'intéresser que, finallement, aux
sous-titres (L'empire
contre-attaque et Le
retour du Jedi) et il faudra attendre la nouvelle trilogie
pour que le véritable titre, dans son entièreté,
soit enfin respecté avec un beau Star wars tronant
sur les affiches et DVD (mais pas en ce qui concerne le titrage officiel).
D'ailleurs la quasi-ultime édition DVD porte maintenant le titre
pompeux de Star wars : la guerre des étoiles, un nouvel
espoir. Un peu moins que moyen, non ?
Toujours poussé par cette pseudo-défense de la langue
française (mais pourquoi les anglais ne défendent-ils
pas leur langue ?), le désormais célèbre Halloween
(La nuit des
masques) sera rattrapé dès son troisième
opus par son titre original... et quelques années après
par une certaine mode qui fait beaucoup parler les journalistes le 31
au soir...
Parfois il est utile de simplifier des titres trop longs... Louable
effort qui dans certains cas laissent quand même sur le carreau
une note d'humour non négligeable : le The fearless vampire
killers or pardon me, your teeth are in my neck est ainsi devenu
Le bal des vampires.
De même Dr Strangelove or : how I learn to stop worrying
and love the bomb, est plus connu sous le titre : Docteur
Folamour. Moins drôles mais plus pratiques.
Question simplification il aurait peut-être été
bon, cette fois, de retitrer Le monde de Narnia en
laissant un "Chapitre 1" sans le lourd sous-titre ("le
lion, la sorcière blanche et l'armoire magique").
A propos des titres anglais traduit en anglais (sic !), je louais certaines
merveilles le mois dernier, mais me voilà un peu plus réticent
lorsqu'il s'agit du récent The guardian (Coast
guards) ou de Coyote ugly (retitré
Coyote girls), de Bamboozled (qui
devient The very black show) ou de East is
East (Fish and chips). Aussi moyen qu'inutile
; en clair : les français sont trop cons pour piger ? Merci pour
eux !
Assez hypocrite est l'histoire de certains films, notamment le suivant
et ses remakes : la première version se nommait L'invasion
des profanateurs de sépultures, la seconde est devenu
L'invasion des profanateurs,
et la dernière Body
snatchers (titre de la V.O.). Mieux vaut tard que jamais,
me direz-vous. Idem avec la saga de Romero : après La
nuit de morts-vivants (Night of the living dead),
Zombie (Dawn
of the dead) et Le
jour des morts-vivants (Day of the dead)...
arrive Land of the dead ! Bis repetita avec le film
Get Carter (traduit par La loi du milieu)
dont le remake sera titré en France... Get Carter !
Les mauvais titres : Démarrons doucement
avec le fameux Curse of Frankenstein ; comment ne pas
imaginer que le titre français n'induise pas le francophile à
l'erreur : Frankenstein
s'est échappé. De là à imaginer
qu'il coure ! (N.B. : "curse" = "malédiction")
Moins drôle sera le titre français de A.I. Artificial
Intelligence, très subtilement devenu : A.I.
Intelligence artificielle !!! Ca, pour être artificielle...
Autre spécificité totalement absurde, l'adjonction de
sous-titres inutiles. Exemple : Antartica : prisionniers du
froid (quoiqu'ici la différenciation d'avec le film
original puisse jouer), Alien,
le huitième passager, Hitch, expert en séduction...
etc. Petit jeu : vous souvenez-vous de ceux de : Bowfinger,
Snatch, Event
horizon, Jeepers
creepers, The full monty ? Non ? C'est
normal, vous êtes trop intelligent pour ça !
Dans la même lignée on trouve également le "pourquoi
faire simple quand on peut faire compliqué ?". Avec en vedette
les Le secret de Brokeback mountain (Brokeback
mountain), Bienvenue
à Gattaca (Gattaca), Mon
nom est Tsotsi (Tsotsi) et autre Retour
à Cold Mountain (devinez le titre en V.O. ?) qui nous
éclaire carrément sur la fin du film !!! Il existe des
exemples de ce type à la pelle et je trouve ça assez lamentable...
Passons maintenant au best of (V.O. = V.F.) :
- The bridges of Madison Country ("Les
ponts de Madison") = Sur la route de Madison
- New year's day = Un été pour
tout vivre (un problème d'hémisphère...)
- That's life ! = That's life, c'est la vie
! (y-a d'l'écho !!!)
- Avalanche = L'avalanche (un peu
givré, non ?)
- Black Jack = Black Joe (une histoire
de famille, sans doute...)
- Caravan = Caravane (Ah, OK, j'avais
pas compris...)
- Gung ho ! = Gung ho (on y perd en
jovialité)
- Variété (film allemand) = Variétés
(plus on est de fous plus on rit !)
- Monsieur Beaucaire = Le joyeux barbier
(mon préféré... trop fort !!!)