Editorial
Filmographies
Le coin fantastique
Mail
Liens

 

EDITORIAL de MARS 2006

Il y a de celà quelques semaines, je matais un film sur une certaine chaine cryptée française, Modigliani (M. Davis), le biopic (de l'américain "bio-graphy" et "pic-ture") du fameux peintre. Le déclic. Dans le domaine de l'exploration des sous-genres cinématographiques que je me propose régulièrement de faire dans cet édito, en voilà un qui m'a tout de suite paru fascinant : la biographie des peinturlureurs de toutes sortes. Non pas que je soit ni un grand connaisseurs, ni un fana de peinture, non, seulement un curieux, un artiste refoulé qui s'intéresse aux arts en général. Et pourquoi ce genre est-il si intéressant ? Tout d'abord, en tant que sous-ensemble du genre "biographie de personnages célèbres... ou non", celui-ci est assez peu fourni (quoique mes recherches furent surprenantes...), ce qui en rend l'étude plus aisée. Au fait : je ne parlerais ici que des grands films à vocation internationale, des bios officielles que tout un chacun aura la chance de voir un jour où l'autre (qui a vu la bio de Warhol sorti en 1998 ? Celles de Dali datant de 1971 et 1991, ou de Le Greco (1966), ou encore la première version de Frida, en 1984 ; je n'ai pas eu cette honneur. Ensuite, tout l'intéret du genre réside, après une rapide vérification, dans un autre phénomène qui n'engage bien évidemment que moi : il compte un pourcentage de bon, de très bons, voir d'excellents métrages et aucun navet ! Alors je me suis évidemment posé la question qui vous brûle les lèvres : mais pourquoi donc ? Voilà mes réponses :
- Ces films soulèvent notre insatiable curiosité sur des artistes reconnus que l'on ne connaissait jusqu'à présent que par toiles interposées (voir par photos de toiles...). Il est très excitant de voir ces artistes mondialement et historiquement renommés, ces noms mythiques et à la fois mystérieux, sans visage bien souvent, s'animer, prendre forme et vie devant nos yeux (ex. : le cas de Vermeer dans La jeune fille à la perle).
- Ces film titille notre plus profond intérêt, pour peu que l'on s'intéresse un tant soit peu à cette forme d'art et d'expression qui est la peinture, en essayant de nous donner des pistes pour comprendre le travail de ces grands hommes, à la fois par la mise en scène de leurs techniques et de leur vie privée (ex. : Pollock ou Basquiat).
- En allant plus loin encore, ces artistes étaient majoritairement -en tous les cas c'est ce que leur différentes bios filmées laissent généralement apparaître- de véritables personnages, des artistes au sens noble du terme, à mi-chemin entre la folie et le génie, qui s'impliquaient dans leur art comme dans leur vie et n'avait que rarement en tête l'aspect commercial de leur travail (ils étaient bien souvent connus et reconnus qu'une fois morts) ; leur vie est étrangement captivante, intrigante, festive, baroque, décalée ou exubérante (ex. : Modigliani, Surviving Picasso ainsi que les films traitant de la vie de Van Gogh). D'où des films colorés, chaleureux, prenant et trouvant toujours une certaine forme d'originalité.
- Ces films sont bien souvent mis en chantier par des "fans" de ces artistes et sont rarement de gros produits hollywoodiens, des oeuvres de commande. Ainsi, par respect, par conviction artistique, plus que pour de basses raisons pécuniaires (lequels peuvent prétendre avoir été des hits du box-offices ?... peu), ils donnent généralement le meilleur d'eux-mêmes, sont très documentés et hautement inspirés.

Voilà, autant de raisons, bonnes raisons, pour assister à des oeuvres d'une certaines qualité -rarement des chefs-d'oeuvre, je le conçoit- mais des films curieux, sincères, forts, excitants, originaux et aussi différents que pouvait l'être les différentes personnalités de ces artistes.
Mais quelle est au juste leur renommé dans le monde du cinéma ? Elle peut être de toutes sortes... Tout d'abord de multiples adaptations montrant la ferveur et la fraîcheur de leur travail (Rembrandt a connu 4 bios, Van Gogh 5, Picasso 3 ainsi que 2 documentaires), ensuite des nominations en veux-tu en voilà et des récompenses itou. A titre d'exemples, La jeune fille à la perle compte pas moins de 46 nominations réparties dans divers festivals à travers le monde, dont les prestigieux Oscars. Jacques Dutronc avait été récompensé pour son rôle de Van Gogh, le film avait reçu 12 nominations aux César. My left foot (évoquant le peintre Christie Brown) reçu 2 Oscars sur ses 4 nominations et en compte 24 autres de par le monde (notamment aux European film awards). Artemisia fut représenté 2 fois aux Césars et fut également nominé aux prestigieux Golden Globes américains. Pollock avait reçu une récompense aux Oscars ainsi que 6 autres nominations de par le monde. Il y a enfin une certaine reconnaissance du public, hélas un peu plus rare (La jeune fille à la perle avait rassemblé près de 12 millions de $ et un demi-million de spectateurs en France) et de la critique (Carrington était venu à Cannes, comme beaucoup d'autres films sus-cités).
Voilà, un simple petit tour d'horizon pour vous donnez envie de voir, de découvrir... parce que lorsqu'on aime le cinéma, on aime tous les cinémas... et les arts en général.