|
|
|
EDITORIAL de JANVIER 2006 Petit bilan annuel du cinéma français en France... comme d'hab' ; commençons par une poignée de chiffres (arrétés au 31/12) : - 256 films avaient connu les joies du Top 20 en 2004 et en 2003 ; ils sont plus nombreux cette année (259) !!! - Parmi les plus joyeux, certains ont carrément franchit le cap du million d'entrées : 50 en 2004... contre seulement 46 cette année. - En volume -en nombre de spectateurs- ça correspond à 95,0 millions d'entrées (contre 122,6 millions il y a 12 mois !!!)... auxquels s'ajoutent une dizaine de millions de spectateurs pour les films 2005 en continuation en 2006. Pour l'instant ces 95 millions sont partagés ainsi : 70 millions pour les cinéma étrangers et 25 (sic !) pour le ciné hexagonal. - Allons plus loin : sur ces 47 il y en a 14 de nationalité française (17 il y a un an...) et 32 films étrangers mais néanmoins amis. - La part de marché des oeuvres française sur le top 20 (sur la production nationale, les chiffres devraient être supérieurs) est de (33 %) ; elle était de 38,4 % pour le cinéma français en 2004. - 2 films ont connu les honneurs du top 100 des plus gros succès de l'histoire... ils sont américains (H. Potter et A. Skywalker). - Cette année la production française n'a pu que placer 1 seul film ("cassé !") au-delà des 3 millions de visiteurs : en 2004 ils étaient 4, en 2003 ils étaient 3 (logique... jusqu'à présent !). Sinon, seuls 4 (au 31 décembre ; que deviendra Joyeux Noël ?) dépassaient le cap des 2 millions de fauteuils... contre 10 l'an passé !!! Des chiffres qui démontrent une certaine stabilité
de la diversité (240 films seulement atteignaient le top 20 en
2002...) mais une baisse de la fréquentation et des succès
en salles : les films millionnaires n'ont que rapporté 95 (mettons
105) millions de fauteuils contre 122 il y a 1 an et 104 il y a 2 ans
; 2004 : un grand cru ? Bref, le bilan du cinéma français
n'est pas forcément positif cette année, sans être
vraiment catastrophique non plus, dans la mesure ou celui-ci n'a joué
qu'un second rôle, il n'a pas su se montrer, se mettre en avant
(d'où une faible présence parmi les plus costauds...),
surtout après un cru 2004 plutôt bon (voici la réponse
!)... on reste quand même loin des années 1998 ou 2000
où la part de marché du ciné frenchie se calait
en deçà des 30 %. Alors qu'est-ce qui n'a pas fonctionné
cette année et pourquoi ? On ne reviendra pas sur les succès
de l'année, les chiffres cités plus haut en disent suffisamment
long, mais on parlera plutôt de ces gros films, coûteux
et/ou largement distribués, qui se sont vautrés dans les
salles (L'anniversaire, L'antidote,
Le cactus, Les parrains, Quartier
VIP, St Jacques... La Mecque, Le démon
de midi, La moustache, L'avion,
La cloche a sonné ...), d'autres, très
attendus, qui ont été décevants puisqu'ils n'ont
pas atteint la barre mythique du million de spectateurs alors que leur
budget ou leur réputation le réclamaient (Danny
the dog, Boudu, L'empire des loups,
Olé !, Le parfum de la dame en noire,
L'un reste, l'autre part, L'ex-femme de ma
vie, Camping à la ferme, L'amour
aux trousses...), peines tout juste compensé par d'autres
encore qui ont su jouer les second couteaux (Il était
une fois dans l'oued, Travaux, on sait quand ça
commence, Anthony Zimmer, Le promeneur
du champ de Mars, Les âmes grises, Caché...)
et quelques derniers qui furent de bonnes surprise (Va, vis
et devient, Le cauchemar de darwin, La
marche de l'empereur, Peindre ou faire l'amour, Entre
ses mains...). Bref : le "gros cinéma" français
fait moins réver le public que le "gros cinéma"
américain (les blockbusters US s'en étant généralement
bien tiré cette année) ; rien de neuf sous le soleil me
direz-vous. Mais on aurait quand même tort d'oublier que les locomotives
du ciné national -les films ayant dépassé le millions
d'entrées- sont des oeuvres au budget générallement
compris entre 5 et 32 millions d'€, soit une moyenne budgétaire
de, quand même, 11,5 patates, soit le double du coût moyen
d'un film en France... Conclusion : sans de grosses machines le ciné
français joue les faire-valoirs, il survit fort bien et même
mieux qu'ailleurs, mais il n'explose pas. Heureusement la réputation
des films d'auteur reste une garanti pour leurs investisseurs, ces oeuvres
moins coûteuses entrainant souvent le public dans leur sillage
et permettant à la PDM de rester à flot, quoiqu'il arrive
au-dessus. BONNE ANNEE A TOUS !!! |