EDITORIAL d'AVRIL 2005
Made in New-Zealand... La Nouvelle-Zélande, l'autre
pays du cinéma... Je vous invite à découvrir un
petit panorama cinématographique de ce minuscule pays où
le nombre de moutons l'emporte sur le nombre d'habitants et les talents
du 7ème art sont autant légions et gloires internationales.
Historiquement il faut savoir que le cinéma nouveau-zélandais
est né en 1916 avec le film A Maori maid's love
de (qui a dit Colin McKenzie ?) Raymond Longford... un australien !
Le cinéma muet compte à peine une dizaine d'oeuvres (dont
My lady of the cave et The bush cinderella
de Rudall Hayward, un natif) et on ne peut pas dire que la production
se soit emballée dans les années qui suivirent. Ils faut
attendre les années 60-70 pour commencer à voir des films
locaux prendre leur essor et se faire connaitre (aux USA ou en Australie)
et c'est dans les années 80 que sortent en France quelques timides
essais comme Utu (G. Murphy,
l'un des premiers réalisateur du pays à s'exiler à
Hollywood et y faire carrière) ou La légende du
lagon (Y. MacKay). Mais il faut plutôt retenir 2 évènements
: le premier viendra d'un auteur et d'un festival que l'on ne pensait
pas voir se cotoyer... Peter Jackson
et Cannes. A la fin des années 80 Peter présente au marché
du film un ovni gore, tourné à l'arrache, du nom de Bad
Taste. La carrière du bonhomme est lancé
et il est, à ce jour, le plus bel exemple de réussite
que son pays est connu, celui qui lui a apporté une renommée
internationale grâce à des chef-d'oeuvre comme Créatures
célestes (2 nominations aux oscar, 19 nominations
dans le monde et l'attribution du prestigieux Lion d'or de Venise) et
la trilogie du Seigneur des anneaux (multi-oscarisé).
Le second évènement nous vient, une fois de plus, du festival
de Cannes : en 1993 la Palmes d'or reviendra -à égalité
avec Adieu ma concubine- à La leçon
de piano, de Jane Campion (déjà
repérée avec Un ange à ma table,
3 ans plus tôt). Depuis, les choses ont bien bougé...
On l'a vu : la Nouvelle-Zélande est un vivier de talents multiples
; Outre les Geoff Murphy, les Peter
Jackson, les Jane Campion, on a vu
apparaitre sur le devant de la scène des réalisateurs
comme Lee Tamahori (dont la carrière
n'est plus que américaine) ou Vincent
Ward, et des actrices comme Kate Winslet (révélée
dans Créatures
célestes et adulée dans Titanic),
Melanie Lynskey (Créatures célestes ou
Coyote ugly), ou encore Rena Owens (L'âme
des guerrier puis A.I.,
Star wars 2
et 3) et Keisha Castle-Hughes (Paï,
Star wars 3).
Et le pays peut également se targuer de succès considérables
: les 3 Seigneur des anneaux (co-produit avec les USA)
ont rapporté en salle la modique somme de... 3 milliards de dollars
(!!!) et on associe à la production ou à la co-production
locale des films comme Le dernier samouraï, Relic,
L'âme des guerrier, Paï
(en course aux oscars), La leçon de piano, Vera
Drake, Saving Grace, Navigators ou
même le frenchie Le défi, de Bob
Swaim et le hong-kongais Mad mission 4 (le 3 étant
signé Tsui Hark). Auxquels il faudra,
cet été, additionné le carton King Kong
remaké par Mr Jackson. N'oublions
pas de très nombreuses séries (on en répertorie
une centaine !) dont L'étalon noir, Hercule,
Power Rangers, Le monde fantastique
de Ray Bradbury ou encore Xena. Beaucoup de
films télé également, comme The curse of
the Elephant man, L'île au trésor
ou encore Fanimatrix (par un fan de), Les
Tommyknockers et le récent The Maori merchant
of Venice.
Autre caractéristique de la production new-zélandaise
: une forte sympathie pour le cinéma horrifique. Bien sûr
on ne manquera pas d'éplucher la filmo complète du sieur
Jackson -encore lui !- (gore en début
de parcours et heroic fantasy récemment) mais il ne faut pas
oublier des films comme ceux de David Blyth (réalisateurs de
Meurtre sous tension et d'épisodes de la série
Power rangers ; Blyth fut même pressenti pour
mettre en scène House
3) ou des hits (de videoclubs bien souvent) comme Jack
be nimble, Montclare, The
ugly, Aberration, Warlords of
the 21st century, The irrefutable truth about demons, The scarecrow
et bien d'autres, dont le futur Boogeyman,
déjà sorti aux USA et déjà un carton. A
ce genre s'en ajoutent deux autres : le documentaire (pas seulement
Forgotten silver -de... qui déjà ?-)
local, qui n'a de cesse -à raison- de vanter les beautés
naturelles des îles, et le court-métrage.
Voilà, très largement survolé, un aperçu
de ce monde merveilleux et discret ; en espérant que je vous
aurais autant informé que donné envie de regarder de plus
près l'origine des films que vous allez très bientôt
voir en salles...