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EDITORIAL de Janvier 2014 L'heure du bilan a une nouvelle fois sonné et, plutôt que d'encenser les hits annuels comme on le fait habituellement, je voulais étudier le bilan annuel par le petit bout de la lorgnette, puisque cette année ce sont plus les échecs que les succès du box office qui nous ont marqués ... aucun carton vraiment important à signaler dans les salles françaises, aucun film n'ayant attiré ne serait-ce que 5 millions de visiteurs (en tout cas à l'heure où j'imprime ces lignes et d'après les courbes des 2 candidats potentiels ; mais un certain cartoon pourrait passer ce cap...) ; chose rare en nos contrées. Et Dieu sait que cette année ne fut point drôle, notamment pour le cinéma national : tous les chiffres sont très en-deçà de ceux observés un an plus tôt, année où l'on avait connu une certaine décélération que d'aucun avait mis sur le compte d'un cru 2011 "excessivement élevé" (les 5 premiers du box office réunissant un minima de 4,7 millions de spectateurs et un maxima de plus de 19 millions). Dans un premier temps je vais dresser un bilan général, vite brossé, suivi d'un point plus précis et carrément chiffré concernant les deux extrêmes de la rentabilité des films français ; pour terminer par un petit comparatif France / USA, mon propre bilan et mes attentes. Les chiffres que vous vous apprétez à lire sont basés sur mes estimations finales des films en cour d'exploitation. - 17 films français au-delà du million (Ils étaient 20 l'année dernière et il faut remonter en 2007 pour en trouver moins = 13, mais il n'y avait que 42 millionnaires.) d'autant plus significatif que la part de marché des films français est en nette recul (33 % de PDM sur 11 mois contre 42 % en 2012 ; après, il est vrai, des chiffres haussiers dû aux Ch'tis et à Intouchables) ; pour un nombre d'entrées réalisé par les ténors du box office français d'environ 28 millions de spectateurs (alors qu'en 2012 ils étaient 45,4 millions !!!) : pour mémoire les 2 premiers français du Top 2011 réunissaient 27,5 millions de spectateurs... sic ! - 1 seul film français dans le Top 10, puisque Belle et Sébastien risque d'échouer à ses portes (on n'a pas vu ça depuis 2005 ; et ils étaient 4 l'an passé), 4 oeuvres tricolores dans le Top 20, soit autant qu'en 2011 : sauf que ces films réalisaient 34 millions d'entrées, soit 3 fois plus que cette année ; on en comptait 8 dans ce même Top 20 en 2012. Le 1er français n'est que 7ème (jamais vu ça depuis 1991) ; il était en 3ème position il y a 1 an. - Le plus gros succès français annuel enregistre moins de 4 millions de spectateurs : une première depuis 1992 (Indochine = 3 199 000) ; mais nous sommes pourtant loin des records ! - Nous avons le petit N°1 depuis 1992 (Basic instinct = 4 615 000). Cette année 53 films ont passé le millions d'entrées (plus petit nombre depuis 5 ans), 16 français et 37 américains ( le ratio était de 20 / 34 en 2012) pour 112 millions de spectateurs environ (-10 % en 1 an), soit 75 % pour les américains et 25 % pour les français (65 / 35 il y a un an, 59 / 41 il y a 2 ans ; inquiétant ?). Terminons avec un autre paramètre intéressant : la moyenne des budgets des plus gros succès français de l'année est de 11,6 millions d'euros (contre 18,2 en 2012 !!!!) ce qui signifie que les blockbusters n'ont pas été à la hauteur ; sans transition nous allons donc enchaîner sur le bilan de la rentabilité des films français au box office... -------------------------- Avant-propos : quand je vais évoquer ci-après la Rentabilité d'une oeuvre, ce n'est aucunement la véritable rentabilité du film pour son producteur, étant donné que je n'ai pas tous les paramètres (montant des pré-ventes, avance sur recette ou pas, le pourcentage de la commision distributeur...etc) ; mais cela reste indicatif de leur succès effectif et cela simplifie grandement la lecture des chiffres. Comme le font si bien les américains (Variety en tête) j'ai dressé la liste des bides français les plus extrêmes de l'année, selon leur rentabilité ("budget divisé par les entrées, puis multipliées par 10"), parmi lesquels j'ai indiqué tous les budgets supérieurs à 10 millions d'euros ; ce qui fait donc 14 bides parmi les plus gros blockbusters de l'année, soit plus d'un par mois ! Pour être complet disons qu'avec un taux de rentabilité de "1" (5 millions de budgets et 5 millions de recettes) un film commence à être attractif (mais tout est relatif, hein ?) et qu'en deçà de "0,5" on est proche de la débâcle. N'ayant pas à ma dispo tous les budgets il est normal de ne pas voir chroniqué ici La marche, La vénus à la fourrure, Fonzy ou Amazonia, de même, et vu l'étendu des dégâts, je n'ai indiqué dans la liste ci-après que les films dont le coefficient est inférieur ou égal à "0,25", soit les très gros échecs de 2013. J'ai donc omis les "gros échecs", c'est-à-dire les films ayant un coefficient compris entre 0,25 et 0,5 (11.6, Fanny, Le grand méchant loup, En solitaire, L'écume des jours...), les échecs (coef entre 0,5 et 1, dont Amour et turbulences, La vraie vie des profs, Le coeur des hommes 3 ou Marius) et en oubliant volontairement les co-productions minoritaires (Perfect mothers a un coefficient de 0,16 mais est majoritairement australien). Voici donc la liste des 32 films les moins rentables de l'année 2013, selon l'importance du bide en question (les guillemets représentent les films encore en exploitation et dont j'ai extrapolé le résultat final) : Attila Marcel (0,06) ; Passion (0,07 - 18 M€) et Une histoire d'amour ; Des gens qui s'embrassent (0,09 - 17,5 M€) ; Angélique ("0,08" - 15,8 M€) ; La marque des anges (0,1 - 15,4 M€) et Tu honoreras ta mère ; Victor Young Perez et Denis (0,11) ; Les invincibles (0,116 - 11,7 M€) ; Blood ties (0,12 - 19,8 M€) ; Au bonheur des ogres (0,12 - 13,1 M€) ; Gibraltar (0,14 - 19,5 M€) ; Foxfire (0,14) ; Cookie (0,16) ; Hotel Normandy (0,17) ; Turf (0,17 - 23 M€) ; Zulu ("0,175" - 16,2 M€) ; Les petits princes (0,19) ; La grande boucle (0,2 - 14,1 M€) ; Un prince presque charmant, Tip Top et Les salauds (0,21) ; Henri ("0,23") ; Pop redemption (0,225) ; Jimmy P, Le jour attendra et "Violette" (0,23 - 11,7 M€ pour le 1er) ; Demi-soeur (0,24) ; Les reines du ring (0,24 - 10,9 M€) ; T.S. Spivet (0,24 - 26,8 M€) ; Pour une femme (0,25) ; Plus quelques borderline (Cheba Louisa, Arrêtez-moi) La situation est-elle aussi catastrophique que décrite ci-dessus ? En étant certes loin du compte mais en imaginant grosso modo que le film engrange (et non "rapporte") 10 euros par entrées, quels ont été les films les plus "rentables" de l'année ? Quels sont les films qui en 2013 ont donc atteint le fameux ratio de "1", l'équilibre budgétaire virtuel, et qui est le champion de annuel ? Voici la liste des 19 films les plus bankables (en gardant en tête que seuls les 6 premiers le sont effectivement... j'insiste mais c'est important) et sachant que parmi les tout petits films, nombre d'entre eux ne sont pas chroniqués dans cette liste, leur budget n'ayant pas été communiqué... Pierre Rahbi (5,4) ; Sur le chemin de l'école ("4,43"), Les profs (3,35), Les garçons et Guillaume ("3,0"), 9 mois ferme ("2,73"), La vie d'Adèle ("2,45"), Boule et Bill (1,2), La cage dorée (1,75), Les gamins (1,72), Amitiés sincères (1,65), Paulette (1,59), Alceste (1,46), Le passé (1,19), Les beaux jours (1,4), Paris à tout prix (1,4), 20 ans d'écart (1,39), Jeune et jolie & L'apprenti Père Noël (1,33), Au bout du conte (1,22 ; le 1er Jaoui / Bacri en-dessous du million mais pas le moins rentable) ; puis viennent des films à la limite, comme Mohammed Dubois (0,94) et Quay d'Orsay (0,9). -------------------------- Effectuons rapidement une petite comparaison France / USA concernant les plus gros sucès de l'année, des 2 côtés de l'Atlantique : Dans le Top 10 USA il n'y a bien que Star trek 2 qui n'apparaisse pas en France (on ne va pas revenir là dessus) et, plus bas, ce sont essentiellement des comédies typiquement américaines (Les flingueuses, Les Miller, Arnaque à la carte, Copains pour toujours 2, C'est la fin, Bad grandpa) et de rares exceptions (G.I. Joe 2 et Capitaine Phillips ; Tempête de boulettes 2 n'étant pas encore sorti ici). Côté "succès en France mais pas aux USA" c'est un peu plus varié puisqu'on notera les présences incompréhensibles de Turbo, Les Schtroumpfs 2 (une plus longue histoire d'amour avec la France ?), Die hard 4 (la nostalgie...) ou encore Percy jackson 2 (le 1 ne leur avait pas suffit...). Auxquels s'ajoutent Blue Jasmine (Ah... Woody), Oblivion et After earth (la mode de la SF), Lone ranger (Johnny + grandes vacances : même si ça reste un lourd échec) et Prisoners (justifié amplement). A noter que Planes et Elysium ont réalisé près de 100 M$ aux USA. -------------------------- Sinon, à l'heure du 31 décembre 2013, j'ai vu 180 films, soit encore loin du total des oeuvres sorties par ici et ailleurs (290 apparues dans les Tops 20 ; dans 3-4 mois j'en aurais vu quelques 250), mais voici ceux qui ont laissé une trace -aucun chef-d'oeuvre à mon humbre avis cette année- mais n'y voyez aucun ordre de préférence : Elysium (parce que c'est un film socialiste, au sens 1er et oublié du terme, et le plus abouti de l'année, devant et derrière la caméra), Spring breakers (parce que c'est un trip comme on n'en avait pas vu au ciné depuis des décennies, un film hors normes), Dead man down (Atmosphère, atmosphère : somptueux, presque divin), Prisoners (tension et réalisation très haute gamme), Man of steel (relecture exceptionnelle d'un personnage fade à force d'être invincible ; plein la gueule !), Iceman (un film qui me parle fortement et un acteur hors pair), Gravity (je l'ai dit : le chaînon manquant entre l'attraction et le film de ciné), Trance (un scénario comme on n'en voit rarement : tellement casse-gueule, ici complètement réussi), Mama (de l'horreur original et parfaitement maîtrisée), Les Croods (simplement le meilleur et le plus drôle des cartoons de l'année), Django (Tarantino au sommet de sa forme : référenciel et délectable), Happiness therapy (la sensibilité au sommet de l'art), Promised land (l'un des rares films politiques réussi cette année et un scénario étonnant), Warm bodies (relecture et évolution d'un vieux mythe : rare), The master (un semblant de perfection, tout simplement), Pacific rim (un bon gros délire assumé et communicatif), Stoker (rien que pour son exceptionnelle réalisation), Mud (une histoire forte et un film aux personnages forts) et L'attentat (la réussite française de l'année : puissant). J'ajoute Don Jon pour son analyse sociale rigolote mais tellement intelligente... -------------------------- Voici enfin les oeuvres que je surveilerai de très près en cette année 2014 (d'après le calendrier français des sorties) : 12 years a slave, The grand Budapest hotel, Captain America 2, Noé, Transcendence, The amazing spider-man 2, (Godzilla), X-men 2, Edge of tomorow, Under the skin, Jupiter ascending, La planète des singes 2, Les gardiens de la galaxie, Interstellar, Le Hobbit 3 et Tomorrowland (+ Earth to echo et Sin city 2 qui n'ont pas encore de date de sortie par chez nous). Soit une écrasante majorité de films de science-fiction !!!
En souhaitant à mon lectorat, de plus en plus nombreux, la plus heureuse des années, personnellement et cinématographiquement parlant ! Merci à vous tous de me suivre : je vous aime !!!!! |