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EDITORIAL de NOVEMBRE 2012

Petite histoire d'Halloween... et petites histoires en forme de rapshodie éditoriale mélangeant souvenirs, clin d'oeil cinématographique, Histoire et coups de gueule. Je me souviens... je me souviens d'un temps, il y a très longtemps, où, après avoir découvert par "accident" chez un oncle le monumental et terrifiant Loup-garou de Londres : mon destin avait été scellé. J'allais être irrémédiablement attiré par le cinéma horrifique, la peur, le sang, l'effroi, les scream queens, les légendes, les ténèbres. Thriller de Michael allait confirmer tout cela après une bonne nuit sans sommeil ! Et depuis, chaque Halloween, une tradition se perpétue : celle du film d'horreur dégusté en soirée, de la fête en famille et de l'inévitable récolte de bonbeks.

Il est vrai qu'en cette lointaine époque je me sentais un peu seul : en 1979 Halloween n'existait pas... la preuve ? Le premier film terrifiant de John Carpenter avait été retitré "La nuit des masques" car le mot "Halloween" n'avait pas encore traversé (enfin, comme nous le verrons ci-après, le terme n'est pas tout à fait exact : re-traversé serait plus juste) l'Océan Atlantique et, de plus, en cette lointaine époque on croyait déjà et avec autant de ferveur qu'aujourd'hui que les langues nationales n'avaient pas le droit d'évoluer au fil des âges et se laisser pénétrer d'anglicismes, anglicismes bien souvent d'origine franco-latine par ailleurs... Petite pensée à ce crétin de Toubon dont je remplacerais volontier le "b" par une lettre proche...

Aparté 1 : un grand merci à l'ignoble et très (trop) à droite loi Toubon qui nous permet de voir ce genre de chose à la télévision ; Une femme dans l'impossibilité de grimper dans sa voiture par les portes à cause de voisins de parking peu scrupuleux, ôte ses chaussures, les donne à un homme qui se trouve là avant de monter dans cette même voiture par le coffre et de s'installer au volant. Elle baisse la vitre et lance un "My shoes, please" en tendant une main... avec une petite traduction en bas de l'écran histoire de prendre les spectateurs à la fois pour un ignare (ils ne connaissent pas un mot d'anglais et traduire leur permet d'apprendre la langue... lol) et un décervelé incapable de comprendre que la femme ne demande pas l'heure au gentleman en question. Mr Hollande, vous savez ce qu'il vous reste à abroger...

Bref : bien qu'habitant près de St Etienne à cette époque, je vivais complètement à l'heure américaine (comics, 4th July, Thanksgiving, bacon / oeufs le matin...etc), pays qui m'avait séduit par une culture proche de mes goûts et dont ma famille avait par ailleurs foulé historiquement le sol (mais c'est une tout autre histoire...). Pour en revenir à Halloween : non, je ne sonnais pas aux portes pour réclamer des bonbons ou jetter d'improbables sorts aux voisins ; j'aurais sans doute été interné pour ce faire. Par contre mes parents me laissaient tout loisir de louer une oeuvre cinématographique qui ne m'était pas a priori destinée mais l'ambiance festive s'en trouvait soudain plus permissive : j'avoue ne pas me souvenir de chacun des films vus à cette époque extrêmement précise, si ce n'est le From beyond de S. Gordon dont la jaquette m'a imprégné l'esprit.

Aparté 2 : La censure... oh, non : je ne vais pas vous faire un historique de la censure en France ; mais je voulais juste préciser que si la censure était plus frontale il y a quelques années, toutes les productions, ou presque, se voyaient offrir une chance au cinéma : quitte à se voir interdite aux moins de 18 ans. Aujourd'hui le système est beaucoup plus pernicieux : les télévisions co-produisent les oeuvres de cinéma et refusent les films qui ne pourraient être diffusé sur le petit écran. La censure se fait en amont alors que le spectateur croit innocemment que celle-ci est assez permissive dans son beau pays (mais alors ne parlons pas des oeuvres américaines qui sortent d'un tout autre système et passe à travers les mailles : Cf. Saw 3). Gaspar Noe a déjà fait les frais de ce système...

Un peu de provoc' pour les anti-Halloween primaires : cette fête française (?!!??) n'est en rien un symbole américain, ou si peu (la forme plus que le fond, comme d'hab'), elle est originellement une variante (déviance ?) d'une célébration druidique celte appellée "samaïn" ("samonios" sur le territoire qui devait se nommer plus tard "France"), ce même peuple qui envahit il y a 2500 années une contrée qui allait devenir la Gaule et dont les traces restent très présentes, notamment en Bretagne ; de plus le terme "Halloween" ne signifie-t-il pas "Veillée de la Toussaint" ? Toutes les années, pour moi et ma famille, il s'agit d'un moment de fête familiale où tout le monde vient déguiser à la maison, de 7 à 77 ans (et c'est le cas de la dire !!!), où les enfants font la tournée de bonbons et s'ensuit un repas gastronomique. Aujourd'hui mes enfants vont préparer avec leur maman des gâteaux de situation (surprise !), je vais creuser le Jack o' lantern et attendre le soir pour l'allumer. Autant pour ma famille qui a toujours fêté Halloween, que pour ma belle famille qui a découvert cette tradition sur le tard, c'est un moment où l'on se retrouve, on s'amuse à se faire peur... et on mange une bonne raclette (pour le petit côté froggies !) ! Et puis n'est-il pas ironique de voir ceux qui refusent une telle soirée d'amusement ne pas pour autant aller travailler un jour de fête catholique alors qu'ils sont athées... Et puis les québécois, anti-américains souvent primaires à l'accent désuet mais néanmoins charmant, ne fêtent-ils pas ce qu'ils appellent "l'Halloween" ? Ne retrouve-t-on pas une fête similaire en Lorraine : la Rommelbootzennaat ? La principale opposition à cette fête non-religieuse et purement festive venait des autorités religieuses françaises, craignant de la voir supplanter la Toussaint catholique... je laisse à ces intégristes, qui sont en train de tuer ce joyeux moment, le soin de grossir les rangs de leurs fidèles... sans moi, bien évidemment.

Une guerre de clochée qui me parait bien désuette : a contrario des gargantuesque et onéreux Noël et autres Pâques, Halloween ne coûte presque rien : quelques paquets de bonbons et des décors bien vite amortis (les miens tournent depuis près de 20 ans !). Alors pourquoi bouder ce petit plaisir ?

Pourquoi ????