EDITORIAL de DECEMBRE 2011
Edito léger comme un flocon de neige ? Non :
plutôt lourd comme le chocolat que l'on ingurgite à poignée
en chaque fin d'année, comme une boule de neige bien tassée,
comme une hotte bondée de cadeaux et, enfin, lourd comme le bon
gros bonhomme à barbe blanche ; puisque c'est de lui dont il
va s'agir ce mois-ci ! Pourquoi ? Pas seulement parce que Noël
et son père sont de véritables marronniers cinématographiques,
mais également pour célébrer à ma manière
les sorties conjointes de Mission Noël et Père
Noël origines ; pas forcément de véritables
évènements cinématographiques mais un vraie bonne
excuse pour aborder ce thème. Un édito en forme de bûche
de Noël : reste plus qu'à y croquer dedans et se souvenir...
des souvenirs cinéphiliques & box ophiliques (!?!), assurément,
dont je ne vous laisserai pas goûter tous les titres pour ne pas
alourdir le récit.
Je me suis tout d'abord attaché à découvrir
qui était le premier Père Noël du cinéma...
et bien la toute 1ère trace du bonhomme date de décembre
1897 dans une série de courts métrages d'environ une minute
intitulés The Christmas tree party ou encore
Santa Claus filling stockings, réalisés
par "on ne sait qui" : on y voit le personnage légendaire
distribuer ses cadeaux sous les regards d'enfants ravis ; et oui ! Et
puis je me suis attaché, non pas à trouver tous les Santa
Claus du 7ème art, mais plutôt à étudier
l'approche des différents auteurs qui se sont emparés
du mythe : ceux qui tentaient de sortir le nez et la plume de l'éternelle
question ("Le Père Noël existe-t-il ?) pour se l'approprier,
mais également les plus classieux ainsi que les totalement borderlines.
Parce qu'en fait, des Père Noël, il y en a pour tous les
goûts !
En tout les cas il semble que ce ne soit pas facile
d'être l'héritier de St Nicolas : on se souviendra qu'en
France le monsieur a été une ordure réputée
dès 1982 mais également un serial killer (3615
code Père Noël, déjà inspiré
de Douce nuit, sanglante nuit et de ses 4 suites).
Il s'est même fait assassiner en 1941 (L'assassinat du
Père Noël), lui ou ses copies (Don't open
till Christmas où un serial killer zigouille tout les
faux Papa) et meurt accidentellement en 1994 (Super Noël).
Mais pas de souci, le mythe a la peau dure !
Mais revenons-en à la question essentielle : le Père Noël
existe-t-il ? Question qui ne semble devoir amener qu'une seule et unique
réponse... peut-être ! Car s'il ne fait aucun doute de
son existence dans Le pôle express, All
I want for Christmas ou encore J'ai rencontré
le Père Noël, seule la croyance apporte de réelles
réponses avec le faux/vrai ou vrai/faux Père Noël
de Miracle sur la 34ème rue et son remake. Il
faut parfois souvent pousser les gens pour qu'ils y croient un tant
soit peu : dans One magic Christmas un ange va d'ailleurs
avoir cette rude tâche ; le pitch était à peu près
identique dans un épisode d'Histoires fantastiques
("Santa' 85"). C'est grosso modo un peu le même problème
avec la magie de Noël en elle-même, notamment dans les adaptations
de Dickens (Le drôle de Noël de Scrooge,
Fantôme en fête ou Le Noël
des Muppets) ; mais on s'égare, c'est de la fête
qu'il s'agit, non pas du maitre de cérémonie. Concernant
son existence, on nous explique pourtant ses origines dans le Santa
Claus du franco-américain J. Swarc et, preuve ultime,
on sait qu'il a les yeux bleux (à moins que ce ne soit ceux de
Jean-Pierre Léaud...). Pour en avoir le coeur net certains sont
prêt à tout pour prouver son existence (dans Stalking
Santa : un "Santologiste" va essayer de résoudre
le mystère...), et d'autres iraient jusqu'à le kidnapper
pour prouver leurs dires (Père Noël origines
: sorti le 14 décembre). On avait d'ailleurs déjà
essayé de le piéger dans un film de D.W. Griffith datant
de 1909.
La vie du Père Noël est loin d'être rose, on l'a vu,
elle est même éreintante : de Ernest saves Christmas
jusqu'au récent Apprenti le vieux bonhomme semble
fréquemment chercher un remplaçant ; ce n'est pas pour
rien... Autre chose : le vieux monsieur a semble-t-il pas mal de problème
familiale. Que ce soit avec son petit frère, Fred, ou encore
avec son plus jeune fils, franchement maladroit, ses elfes d'adoption,
qui cherchent leur famille ou veulent carrément l'éliminer,
ses rennes, qui peuvent le vertige, son propre emploi, menacé
s'il ne trouvait pas de femme, voir des petits tracas avec ses maitresses
(non je plaisante : I saw mommy kissing Santa Claus...).
Il a de nombreuses fois eu à faire avec des faux Père
Noël (The adventures of wrong Santa) et plus temporairement
avec un certain Grinch, voir avec Jack Frost (Super Noël
3) ou avec le "roi des citrouilles". Et on a même
pu voir une Mère Noël sous les traits de A. Lansbury, pour
la télé !
Enfin, il faut savoir que le Père Noël a également
été l'objet de films... déviants, de quelques nanars
en folie jusqu'en de petites perles du 7ème art : ce qui était
le cas du père Noël ivrogne et odieux de Bad Santa
(mais je vous rassure : ce n'était pas le vrai !). Concernant
ses origines, cette fois plutôt controversées, Santa's
slay nous donne un drôle d'éclairage : puisqu'il
y est dit que le Père Noël est en fait un démon qui
a perdu un pari avec un ange et est obligé de faire le bien...
jusqu'à ce que... On a également laissé le monsieur
entre les mains de réalisateurs tel que Fred Olen Ray (120 films
en 32 ans !!!), René Cardona (145 titres en 57 ans et jusqu'à
7 films par an !) ou J. Murlowski (7 films ces 3 dernières années)
; je n'ai aucune idée du résultat pour n'avoir osé
regarder ces pellicules mais vous laisse aisément deviner la
qualité de ces produits de par leur pitch : dans le Santa
Claus de René, Mr Noel s'associe à Merlin l'enchanteur
pour combattre le Diable (sic !) et dans celui de John, un Hulk Hogan
amnésique se prend pour le Père Noël (re-sic !).
Mais il y a mieux (ou pire... il y a toujours pire) : dans Santa
Claus conquers the Martians le papy est kidnappé par
les hommes verts afin qu'il distribue des cadeaux sur Mars... et lui,
je l'ai vu !
Mais au fait : le Père Noël a-t-il autant de succès
sur grand écran que dans l'imaginaire des enfants ? On ne s'attachera
ici qu'à explorer le box office des plus célèbres
films et on verra que globalement c'est un créneau qui comporte
peu de risque pour les producteurs. La plupart des oeuvres évoquant
le monsieur ont obtenu, au pire, un succès d'estime et, plus
généralement, le mot "Christmas" entraine une
certaine forme d'adhésion de la part du public : la saga des
Super Noël est devenue hyper rentable (160 M$
d'investissement pour 474 M$ de retour), Elfe a carrément
cartonné (plus de 200 briques pour moins de 40 d'apport), Bad
santa a été un big hit (23 / 76 M$) et même
les lourdement budgétisés Le drôle de noël
de Scrooge ou Le pôle express, sans
être de vrais succès, ont eu un certain retentissement
(plus de 300 millions dans le monde) ; le Noël des Muppets
a également connu son heure de gloire, de même que Le Grinch
(How the Grinch stole Christmas) ou L'étrange
Noël de Mr Jack (18 /75 M$), voir le canadien Christmas
story de B. Clark, l'épisode de Noël d'Harold
& Kumar ou le moins réputé Ernest
saves Christmas (6 / 28,2 M$).
Néanmoins il y a des limites : le Santa Claus
de Swarc a été un bide, Miracle sur la 34ème
rue par R. Attenborough n'a pas été rentable
du tout (moins de 30 M$ dans le monde) et les premiers chiffres de Mission
Noël sont très mitigés... depuis le temps
qu'on vous dit que les gamins n'y croit plus et que les cheminées
sont en voie de disparition... Petite remarque concernant les ratés
du Padre au ciné : L'atelier du Père Noël
de Disney, Mission Noel, Santa's surprise,
Santa Claus, Le pôle express
(pas rentable)... ces films ont en commun de faire découvrir
aux gosses les dessous de Noël, les ateliers et autres secrets
de la sainte nuit et de son maitre, détruisant un peu et au passage
le côté mystérieux du personnage. Un début
d'explication ??? Mouais...
De toutes façons peu importe la santé
de Santa Claus : Noël n'est pas mort, vive Noël ! Et Joyeux
Noël à tous !!!